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j’ose le dire, par sa présence habituelle. Or à tous ceségards le sentiment de l’amour de soi est le même danstous les hommes.
C’est ce sentiment qui tantôt les arme d’un cou-rage opiniâtre comme d une épée pour triompher desplus grands obstacles , & qui tantôt les doue d’unecrainte prudente comme d’un boucher pour échapperau danger. C’est ce sentiment enfin qui toujours oc-cupé du bonheur de chaque individu, veille fans cesièà fa conservation. Or íî l’amour de soi est à cet égardle même dans tous , tous font donc susceptibles dumême degré de pasiîon , par conséquent du degrépropre à mettre en action régale aptitude qu’ils ontà l’eíprit. Mais j’admets pour un moment que !e sen-timent de l’amour de soi íe fit moins vivement sentirà l’un qu’à l’autre : il est certain que cette différence,non encore apperçue par l’expérience, se roi t par con-séquent très-petite & qu’elle n’intìueroit en rien furles esprits.
Un mécanicien ne détourne d’un fleuve que la partienécessaire à mouvoir les rouages & les machines pla-cées le long de son rivage ; il laide le surplus des eauxsuivre leur cours & se perdre dans des marais. II nefaut donc pareillement détourner du sentiment totalde l’amour de soi que la partie propre à mettre en ac-tion l’égale aptitude que tous les hommes ont à 1 es-prit. Or cette partie est moins considérable qu’on nele pense. Consuite-t-on íur ce point 1 expérience -, ellenous apprend que la crainte de la fertile, du fouet,
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