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7. A quel signe distingue-t-on le pouvoir arbitraire dupouvoir légitime ? tous deux font des lois , tous deux in-fligent le supplice de mort ou de moindres peines auxviolateurs de ces lois ; tous deux emploient la force de lacommunauté, c'est-à-dire, celle de la nation, ou pourmaintenir leurs édits , ou pour repousser l'attaque de l’en-nemi. Oui : mais ils différent, dit Locke, en ceci, c’estque le premier de ces pouvoirs emploie la force publiquepour satisfaire des fantaisies & s’asservir ses concitoyens ;& que le second s’en sert pour se rendre respectable à sesvoisins, pour assurer aux citoyens la propriété de leursbiens, leur vie, leur liberté, pour accroître leur bon-heur. Enfin l’usage de la force nationale pour tout autreobjet que l’ avantage général, est un crime. C'est donc àla différente manière d’employerla force nationale, qu'onpeut distinguer le pouvoir arbitraire du pouvoir légitime.
8. Tel parut le despotisme au vertueux Tullius, sep-tième roi de Rome : il eut le courage de mettre lui-mêmedes bornes à E autorité royale.
9. Entre les diverses causes du peu de succès de laFrance dans la dernière guerre , si l'on compte la jalousie,l’inexpérience des généraux & leur indifférence pour lebien public, peut-être ne faut-il pas oublier la gangrènede l'imbécillité religieuse qui commença dès-lors à s’é-tendre fur tous les esprits. Maintenant le François n’oseplus penser par lui-même. De jour en jour il penseramoins, & fera de jour en jour moins redoutable.
10. L’amour de l’homme pour le pouvoir est tel, qu’enAngleterre même il n’est presque point de ministre qui nevoulut revêtir son -prince du pouvoir arbitraire. L'ivressed’une grande place fait oublier au ministre qu’accablé lui-même sous le poids du pouvoir qu'il édifie, lui & fa pos-térité en seront peut-être les premières victimes.
Qui fait chercher les grands emplois? seroit-ce le désir