Band 
Tome troisième.
Seite
396
JPEG-Download
 

Zy6 T) B L' H O M M £'.

d’y faire le bien ? qui ne seroit animé que de ce motif,les regarderoit comme un fardeau. Si l'on les désiré , c'estmoins pour futilité publique que pour ladienne propre.Les hommes ne naissent donc pas aussi bons que quel-ques-uns le prétendent. Bonté suppose amour des autres,& c’est en nous seuls que ie concentre tout notre amour.

n. Le désir du pouvoir est général ; Sc si, pour y par-venir , tous les hommes ne s’expofent point aux mêmesdangers , c’est que l’amour de la conservation est , dans laplupart d’entre eux, en équilibre avec l’amour de la puis-sance.

i i. Fn presque tout pays, l’on donne à la force la pré-férence fur la justice. En France, l’on met l’avocat à lataille ; l’on en exempte le lieutenant. Pourquoi ? c’est quel’un est jusqu’à un certain point représentatif de la justice,& l’autre de la force.

13. Quels font les ennemis d’un homme célèbre ? sesrivaux & presque tous ses contemporains. Sa présence leshumilie. De qui l’homme illustre est-i! loué? de l’étran-ger; l’étranger est fans en-ie. C’est la postérité vivante.L’éloignement des lieux équivaut à celle des temps. L’es-time de 1 étranger est pour l’homme de lettrés presqueTunique récompense qu’il puisse maintenant attendre deses travaux.

14. Est-on intérieurement contraint de reconnoître ,dans un autre , plus d’esprit qu’en soi, on le hait, sa pré-sence importune ; l’on veut se venger, s’en défaire ; 8r,pour cet effet , ou on le force à s’expatrier, commeDescartes, B ay le, Maupertuis, Lee. ou on le persécutecomme Montesquieu, Voltaire, Rousseau, &c.

Il n’est point, dit-on. de grand-homme aux yeux de fafemme ou de son valet-de-chambre. Je le crois bien. Com-ment vivre habituellement avec un homme qu’on seroit