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ii. Le prince & le magistrat redoutent ils le jugementde la postérité ; ils méritent communément son estime :ils sont justes dans leurs édits Sc leurs sentences. II en estde même d'un auteur. A-t-il, en écrivant, la postéritéprésente à son souvenir ; sa manière de comparer devientgrande. 11 découvre des vérités importantes ; il s’assure del’estime générale, parce qu’il écrit pour les hommes detous les siècles & de tous les pays.
22 . Ce libelle théologique intitulé, Censure de Bélisairc ,fait horreur par la barbarie & ia cruauté de ses assertions :il rappelle toujours à mon esprit ce beau vers de Racine :
Eh quoi , Mathan J d'un prêtre est-ce la le langage ?
23. Les citoyens auxquel* on doit le plus de respect,sont d’abord ces généraux & ces ministres habiles, dontla valeur ou la sagesse assure ou la grandeur, ou la félicitédes empires ; mais après ces chefs de guerre ou de justice,quels citoyens font les plus utiles? ceux qui perfection-nent les arts & les sciences, dont les découvertes utiles& agréables, ou fournissent aux besoins de l’homme, oul'arrachent à ses ennuis. Pourquoi donc marquer plus deconsidération à l’homme riche, à l’homme en faveur,qu’au grand géomètre , au grand poète & au grand phi-losophe ? c’est que notre premier respect est pour un pou^voir à la possession duquel nous joignons toujours l'idéede bonheur & de plaisir.
Le pouvoir est l’idole de la jeunesse 8e même de l'hommefait, tant qu’il peut entrelacer des myrrhes à ses lauriers.
Si ce même pouvoir est quelquefois le dédain du vieil-lard , c’est qu’il n’en tire plus le même avantage.
24. C’est du moment où les hommes multipliés ont étéforcés de cultiver la terre, qu'ils ont senti la nécessitéd’assurer au cultivateur, &c sa récolte, & la propriété duchamp qu’il labouroit. Avant la culture, doit-on s’étònner