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les François, les Allemands, les Italiens., &rc. Je le crois.La crainte des représailles rétablit chez des nations qu’unepuissance à-peu-près égale force à respecter. Sont-ellesaffranchies de cette crainte ; ont-elles affaire à des peuplersauvages ; dès ce moment le droit des gens est nul & chi-mérique à leurs yeux.
Est-ce aux nations chrétiennes à parler de droit desgens, de loi naturelle & de vertu ? elles qui, fans outragede la part des Indiens orientaux, abordent leurs côtes, dé-vastent leurs villes & en chassent les habitans ; elles qui ,dans les villages africains, portent, avec les marchandisesde l’Europe , la discorde, la guerre, & en profitent pourfaire des esclaves ; elles enfin qui, fans prétexte & fansoffense de la part des Indiens occidentaux, débarquent enAmérique , renversent les trônes de Montézume & desIncas > égorgent leurs sujets, s’approprient leurs états >& oublient qu’il est un droit de primo occupanti.
L’église se vante de faire restituer les larcins & les dé-pôts volés : mais a-1-elle fait restituer les empires dûMexique & du Pérou à leurs vrais propriétaires ? de con-cert avec les princes, n’a-t-elle pas, au contraire, pilléle nouveau monde? ne s’est-elle pas enrichie de ses dé-pouilles , & n'a-t-elle pas enfin, par fa conduite, jeté dumépris fut les préceptes de cette loi naturelle qu’elle ditgravée par Dieu dans tous les cœurs?
Est-il d'ailleurs une morale plus absurde & plus petiteque celle de l’église ? Qu’un prince prenne une maîtresse ,qu’il satisfasse un goût aussi indifférent au bien public ; fice goût ou cette maîtresse est défavorable aux pro'ets del’église, le prêtre s’élève & crie à I’impiété. Mais que cemême prince porte la dévastation & la guerre chez uftpeuple qui ne l’a pas offensé ; qu’il fasse périr quatre centmille hommes darts cette expédition , qu’il surcharge fersujets d’impôts , le prêtre garde le silence. Belle moralâque celle du clergé catholique !
Tome III .
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