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Tome troisième.
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401 DE L* H O M M E.

29. On aime, dit-on, la justice. Mais les magistrats enfont les organes ; &. chargés par état de l'administrer,ils doivent sur-tout protéger l'innocence. La protègent-ils réellement ? une affaire criminelle est en Espagne 8c enAngleterre instruite de deux manières différentes. Celleoù l'on donne un avocat à l'accusé, où l’on fait publique-ment son procès, est, fans contredit, celle où l’innocenceest le plus à l’abri de la corruption 8c de la partialité desjuges. C’est la meilleure. Pourquoi n’est elle pas adoptée?pourquoi les magistrats n’en sollicitent-ils pas l’admission?e’est qu’ils imaginent que plus leurs sentences seront ar-bitraires, plus ils inspireront de crainte, & plus ils ac-querront de pouvoir fur le peuple. L’amour tant vanté del’équité, n’est donc, ni naturel, ni commun aux hommes.Or, comment se dire ami de l’humanité, lorsqu’on ne Testpas même de la justice?

30. L’idée de bonheur étroitement liée dans notre mé-moire àl'idée de puissance , en peut être difficilement sé-parée. On respecte jusqu’à l’apparence du pouvoir. C’està ce sentiment qu’on doit peut être une certaine admira-tion pour le suicide. On suppose une grande puissance àqui méprise affez la vie pour se donner la mort. À quelleautre cause, sinon à l’amour du pouvoir, doit-on attri-buer l’exceffive haine des femmes sages pour les hommesd’un certain goût ? les Alexandre, les Socrate, les Solon,les Catinat, étoient des héros , des amis fidèles , des ci-toyens honnêtes. On peut donc, avec ce certain goût,servir utilement, 8c sa famille, & sa patrie. D’od vientl’horreur des femmes pour les hommes qui en sont soup-çonnés? c’est qu’elles ont fur eux peu de puissance. Or ,ce défaut de pouvoir leur est insupportable. Ce sont au-tant d'esclaves de moins dans leur empire. íls sont donccoupables d’un crime que la mort feule peut expier.

3 r. C’est la force qui rend un monarque respectable à