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tyran. Les esclaves bénissent à Maroc leur fort & leurprince , lorsqu’il daigne lui- même leur couper le cou.
j8. Les souverains corrompus par la flatterie font desenfans gâtés. Habitués à commander à des esclaves, ilsont souvent voulu conserver le même ton avec leurs égaux,& en ont été quelquefois punis par la perte d’jane partiede leurs états. C'est le châtiment que les Romains infli-gèrent àTigrane, à Antiochus, &c. lorsque ces despotesosèrent s’égaler à des peuples libres.
59- Est-on riche ; on veut être loué comme riche. A-t-on de la naissance; on veut être loué comme gentilhomme.Est-on bien fait ; on veut être loué pour fa taille. En faitde louange , on n'est point difficile ; on s 1 accommode detout.
60. L’homme de génie pense d’après lui. Ses opinionsfont quelquefois contraires aux opinions reçues : il blessedonc la vanité du grand nombre. Pour n'offenser per-sonne, il ne faut avoir que les idées de tout le monde.L'on est alors fans génie & fans ennemi.
61. Les Albigeois furent traités comme les Vaudois.On n'imagine point 1 excès auquel se porta contre eux lafureur de l’intolérance. Le tableau effrayant des barbariesexercées contre les Vaudois, nous est conservé par Sa-muel Morland, ambassadeur d’Angleterre en Savoye Sepour lors résidant fur les lieux mêmes. « Jamais, dit-il ,» les chrétiens n'ont commis tant de cruautés contre les>» chrétiens. L'on coupoit la tête aux Barbes ( c'étoient»- les pasteurs de ces peuples) ; on lss faifoit bouillir; on-- les mnngeoit. On fendoit avec des cailloux le ventre» des femmes jufqu'au nombril. On coupoit à d’autres-- les mamelles : on les faifoit cuire fur le feu & on les» mangeoit. On mettoit à d'autrés le feu aux parties hon-* teuses : on les leur brisoit, & l’on mettoit en plac#