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persuadée Zc non ordonnée ; fides suadenda, non imperanda.Rien de plus volontaire , dit Lactance, que la religion :elle est nulle dans celui auquel elle répugne. Nihil est tamvo/untarium quam relìgionem profiteri in quá , fi anìmus aversusest , jam suhlata, jam r. u lin est. Rien de moins religieux, ditTertulien, que de vouloir contraindre la croyance : cen’est point par la violence, c’est librement qu’on peutcroire Non e/J leligionis relìgionem cogéré velle , cum Jpontisufcìpi deìeat , non vì.
67. Les païens, dira-t-on, croyoient à des prêtres im-posteurs. Soit: cette croyance donnoit-eile droit de lespersécuter ? Mille gens croient au charlatan , à la bonnefemme, de préférence au médecin. Ce dernier peut-il de-mander la mort des incrédules en médecine ? Dans lesmaladies corporelles comme spirituelles, c’est à chacun àchoisir son médecin,
68. Souvent, dit M. Lambert de Prusse, dans son No-Vum Organum , l’on croît penser & croire plus qu’on nepense & ne croit réellement. C’est la source de mille er-reurs. Un homme s’abstient-il, par exemple, de la lecturedes livres défendus ; c’est un homme qui croit croire &qui soupçonne en secret la fausseté de sa croymce ; c’estle plaideur de mauvaise foi qui n’ose lire le factum de s»partie adverse.
69. Les pilotes du vaisseau de la superstition sont éclai-rés. Quant aux matelots, la plupart sont imbécilles. Leclergé gouvernant exige peu de lumières du clergé gou-verné ; & l’on n’a fur ce point rien à reprocher à ce der-nier. A quoi s occupe votre frère le prêtre, demandoit-oúun jour à Fontenelle ? Le matin, répond le philosophe,il dit la messe ; & le soir il ne fait ce qu’il dit.
70. Rien de plus absurdement subtil, disent les Anglois,que les argumens des théologiens, pour prouver aux igno-