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Mais Rousseau dit, page 1S9 , tome z ,d’Emile:« fans un principe inné de vertu, verroit on l’homme» juste & le citoyen honnête concourir à son préju-» dice au bien public » ? Personne répondrai je , n’ajamais concouru à son préjudice au bien public. Lehéros citoyen qui risque sa vie pour se couronner degloire, pour mériter Testime publique & pour affran-chir sa patrie de la servitude, cède au sentiment quilui est le plus agréable. Pourquoi ne trouveroit-il passon bonheur dans l’exercice de la vertu, dans l’acqui-sition de l’estime publique & des plaisirs attachés àcette estime ? par quelle raison enfin n’exposeroit-il passa vie pour la patrie, lorsque le matelot & le soldat,l’un sur mer & l'autre à la tranchée, l’exposent tousles jours pour un écu ? L’homme honnête qui sembleconcourir à son préjudice au bien public, n'obéirdonc qu’au sentiment d’un intérêt noble. PourquoiRousseau nieroit-il ici, que l’intérêt est le moteurunique & universel des hommes? il en convient enmille endroits de ses ouvrages. II dit, pag. 73, tome 3de l’Emile : « un homme a beau Lire semblant de« préférer mon intérêt au sien propre, de quelque» démonstration q u il colore ce mensonge, je suis« très-sur qu’il en fait un -- ; page r 37, lomei, ilúd :« Je veux, quand mon élève s’engage avec moi, qu’il« ait toujours un intérêt présent & sensible à rem-« plir son engagement, & que, si jamais il manque,« ce mensonge attire sur lui des maux qu’il voie« sortir de Tordre des choses ».