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Tome troisième.
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DE L* H O M M E. '419

3 11 midi (j). Ouvre r on l’histoire, on voie les peuplestout-à coup changer de caractère, fans qu’il soit arrivéde changement dans la nature de leurs climats ou deleur nourriture.

J’ajouterai même que si tous les caractères, commele prétend Rousseau page 109 , tome j de fHéloïse,étoient bons & sains en eux-mêmes , cette bonté uni-verselle & par conséquent indépendante de la diver-sité des tempéramenSj prouveroit contre son opinion.Plût-au-citl que la bonté fût le partage de l’homme !C’est à regret que fur ce point je fuis encore d’unavis contraire à Rousseau. Quel plaisir pour moi detrouver tous les hommes bons ! mais en leur per-suadant qu’ils font tels, je ralentirois leur ardeur pourle devenir. Je les di rois bons & les rendrois médians.

Est-on honnête ? Sert-on Ion souverain ? mérite-t-on fa confiance , lorsqu’on lui cache la misère deses peuples ì non; mais lorlqu’on la lui fait connoître& qu’on lui montre les moyens de la soulager. Quitrompe les hommes, n’est point leur ami. Où fontdonc ceux des Rois : quel courtisan est toujours vraiavec fou prince ; quel hom nie lest toujours aveclui-méme ì Le faux brave dit tous les individus cou-rageux , pour être cru lui méme tel; & c est quel-quefois le Schaftesburiste le plus frippon qui sourientle plus vivement la bonté originelle des hommes.

Quant à moi je ne les entretiendrai pas à cet égarddans une sécurité funeste. Je ne leur répéterai pointíans cesse qu’ils font bons. Le législateur moins en