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L’état de guerre sans doute fuit de près l’instantde leur naissance. La paix entre eux est peu durable.
Cependant ils ne naissent point ennemis. La bontéou la méchanceté est en eux un accident : c’est le pro-duit de lents lois bonnes ou mauvaises. Ce qu’onappelle dans f homme la bonté ou le sens moral estfa bienveillance pour les autres , & cette bienveil-lance est toujours en lui proportionnée à futilité dontils lui font. Je préféré mes concitoyens aux étrangers& mon ami à mes concitoyens. Le bonheur de monami se réfléchit sur moi. S’il devient plus riche &plus puissant, je participe à fa richesse & à fa puis-sance. La bienveillance pour les autres est doncl’eftetde l’amour de nous - mêmes. Cr fi l’amour de foi,comme je l ai prouvé section 4 , est en nous l’effetnécessaire de la faculté de sentir ; notre amour pourles autres , quoi qu’en disent le Schaftesburistes, estdonc pareillement l’effet de cette même faculté.
Qu’estce en effet que cette bonté originelle ou cesens moral tant vanté par les Anglois (a)?quelle idéenette se former d’un pareil sens (b) ? & fur quel fait
(a) C’est fur une observation constante & généralequ'est fondé ce proverbe : ma! d'autrui n est que songe. Inex-périence ne prouve donc pas que les hommes soient sibons.
(í) Admet-on un sens moral ? pourquoi pas un sens al-gébrique ou chymique? pourquoi créer dans l’homme unsixième sens? seroit-ce pour lui donner des idées plus