Band 
Tome troisième.
Seite
468
JPEG-Download
 

468 ne t* h o m M s.

jaloux. Les habitans de cette ville forcés d’être à la foislaboureurs 8c soldats fe fervent tourà-tour de la bêche& de l’épée. Quelles font dans çe pays la science & lavertu de nécessité ? la science militaire & la valeur.Elles y font les seules honorées. Toute autre science,toute autre vertu y est inconnue. Tel fut letat deRome naissante , lorsque foible, lorsqu’environncede peuples belliqueux , elle ne foutenoit qu’à peineleurs efforts.

Sa gloire , fa puissance , détendirent par toute laterre. Mais Rome acquit l’une & l’aurreavec lenteur.II lui fallut des siècles de triomphes pour s’asservir fesvoisins. Or ces voisins aílèrvis, si les guerres civilesdurent, par la forme de [on gouvernement, succéderaux guerres étrangères ; comment imaginer que descitoyens engagés alors dans des partis différens, en qua-lité de chefs ou de soldats, que des citoyens fans celleagités de craintes ou d’efpérancesvives, pussent jouirdu loisir 8c de la tranquillité qu’exige l’étude dessciences ?

En tout pays où ces évènemens s enchaînent 8c fesuccèdent, le seul instant favorable aux lettres est mal-heureusement celui où les guerres civiles, les troubles,les factions s’éteignent ; où la liberté expirante suc-combe , comme du temps d’Auguste, fous les efforts dudespotisme (a). Or cette époque précède de peu celle

(a) 11 en fut de même en France lorsque le cardinal deRichelieu eut désarmé le peuple, les grands, & se les fui