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pas impossibles, et si elles fournissent quel-que explication des phénomènes connus ,les Philosophes ne doutent pas qu’ils n’aientdécouvert les vrais ressorts de la nature.Seroit - il possible , disent - ils , qu’une sup-position qui seroit fausse donnât des dé-nouemens aussi heureux ? De-là est venuel’opinion que l’explication des phénomènesprouve la vérité d’une supposition, et qu’onne doit pas tant juger d’un système par sesprincipes , que par la maniéré dont il rendraison des choses. On ne doute pas que dessuppositions , d’abord arbitraires , ne devien-nent incontestables par l’adresse avec laquelleon les a employées.
C’est l’insuffisance des maximes abstraitesqui a obligé d’avoir recours à ces sortes desuppositions. Les Métaphysiciens ont été aussiinventifs dans cette seconde espece de prin-cipes que dans la première ; et par leurs soinsla Métaphysiq ue n’a plus rien rencontré quiput être un mvstere pour elle. Qui dit méta-physique , dit , dans leur langage , la sciencedes premières vérités , des premiers principesdes choses. Mais il faut convenir que cettescience ne setr ouve pas dans leurs ouvrages.
Les notions abstraites ne sont que des