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Traité
celui à qui on donne toute sa confiance, nedoute pas lui-méine? Il n’y a donc pas dequoi s’étonner si les principes abstraits sesont si fort multipliés , et ont de tout temsété regardés comme la source de nos con-noissances.
Les notions abstraites sont absolumentnécessaires ponr mettre de l’ordre dans nosconnoissances, parce qu’elles marquent àchaque idée sa classe. Voilà uniquemeutquel en doit être l’usage. Mais de s’imaginerqu’elles soient faites pour conduire à desconnoissances particulières , c’est un aveu-glement d’autant plus grand , quelles ne seforment elles-mêmes que d’après ces con-noissances. Quand je blâmerai les principesabstraits , il ne faudra donc pas me soupçon-ner d’exiger qu’on ne se serve plus d’aucunenotion abstraite ; cela seroit ridicule : je pré-tends seulement qu’on ne les S'oit jamaisprendre pour des principes propres à menerà des découvertes.
Quant aux suppositions, elles sont d’unesi grande ressource pour l’ignorance , si com-modes : l’imagination les fait avec tant deplaisir , arec si peu de peine : c’est de sonqu’on crée , qu’on gouverne l’uniyers. Tout