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plus habile négociateur de son siecle. Il avait faitautant de mal à la France par son esprit que par seüarmes. On a entendu dire au secrétaire des états-généraux, M. Fagel, homme d’un très grand mé-rite, que plus d’une fois les états-généraux ayantrésolu de s'opposer à ce que le duc de Marlboroughdevait leur proposer, le duc arrivait, leur parlaiten français , langue dans laquelle il s’exprimait trèsmal, et les persuadait tous : c’est ce que le lord Bo-lingbroke m’a confirmé.
Il soutenait avec le prince Eugene, compagnonde ses victoires, et avec Heinsius , grand pension-naire de Hollande, tout le poids des entreprises desalliés contre la France . Il savait que Charles étaitaigri contre l’empire et contre l’empereur; qu’ilétait sollicité secrètement par les Français , et quesi ce conquérant embrassait le parti de Louis XIV les alliés seraient opprimés.
Il est vrai que Charles avait donné sa parole dene se mêler en rien de la guerre de Louis XIV con-tre les alliés ; mais le duc de Marlborough ne croyaitpas qu’il y eût un prince assez esclave de sa parolepour ne la pas sacrifier à sa grandeur et à son inté-rêt. Il partit donc de la Haie dans le dessein d’allersonder les intentions du roi de Suède . M. Fabrice,qui était alors auprès de Charles XII , m’a assuréque le duc de Marlborough, en arrivant, s’adressasecrètement, non pas au comte Piper, premier mi-nistre , mais au baron de Gortz , qui commençait àpartager avec Piper la confiance du roi : il arrivamême dans le carrosse de'fce baron au quartier deCharles XII , et il y eut des froideurs marquées