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lieraient aisément. Il laissa Charles XII à son pen*chant naturel; et, satisfait de l’avoir pénétré, il neJui fît aucune proposition. Ces particularités m’ontété confirmées par madame la duchesse de Marlbo-rough, sa veuve, encore vivante, (i)
Comme peu de négociations s’achèvent sans ar*gent, et qu’on voit quelquefois des ministres quivendent la haine ou la faveur de leur maître, oncrut dans toute l’Europe que le duc de Marlho-rouglf n’avait réussi auprès du roi de Suède qu’endonnant à propos une grosse somme au comte Pi-per; et la mémoire de ce Suédois en est restée flé-trie jusqu’aujourd'hui. Pour moi, qui ai remontéautant qu’il m’a été possible à la source de cebruit, j’ai su que Piper avait reçu un présent mé-diocre de l’empereur par les mains du comte deWratislau, avec le consentement du roi son maître,et rien du duc de Marlborough. Il est certain queCharles était inflexible dans le dessein d’aller dé-trôner l’empereur des Russes , qu’il ne recevait alorsconseil de personne, et qu’il n’avait pas besoindes avis du comte Piper pour prendre de PierreAlexiowitz une vengeance qu’il cherchait depuissi long-temps.
Enfin ce qui achève de justifier ce ministre,c’est l’honneur rendu long-temps après à sa mé-moire par Charles XII , qui, ayant appris que Piperétait mort en Russie , fit transporter son corps à
(i) L auteur écrivait en 179.7. On voit par d’autresdates que l’ouvrage a été retouché depuis à plusieursteprises.