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Histoire de Charles XII, roi de Suède / par Voltaire
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i38 HISTOIRE

que le reste de son infanterie fut arrivé ; il se jettedans l’eau à la tête de ses gardes à pied; il tra-verse la riviere et le marais ayant souvent de l’eauau-dessus des épaules. Pendant qu’il allait ainsi auxennemis, il avait ordonné à sa cavalerie de fairele tour du marais pour prendre les ennemis enflanc. Les Moscovites, étounés qu’aucune barrièrene put 1rs défendre , furent enfoncés en mêmetemps par le roi, qui les attaquait à pied, et parla cavalerie suédoise.

Cette cavalerie s’étant fait jour à travers lesennemià, joiguit le roi au milieu du combat; alorsil monta à cbeval : mais quelque temps après iltrouva dans la mêlée un jeune gentilhomme sué-dois nommé Gyllenstiern, qu’il aimait beaucoup,blessé et hors d’état de marcher ; il le força àprendre son cheval, et continua de commanderà pied à la tête de son infanterie. De toutes lesbatailles qu’il avait données celle-ci était peut-être la plus glorieuse, celle où il avait essuyé lesplus grands dangers, et où il avait montré le plusd’habileté : on en conserva la mémoire par unemédaille ©ù on lisait d’un côté: Sitvœ, pa/udes,aggeres, hostes 'victi; et de l’autre ce vers deLucain : Victricescopias alium lalurus m orbem.

Les Russes , chassés par-tout, repassèrent le Ro-rysthene, qui sépare la Pologne de leur pays. Charlesne tarda pas à les poursuivre ; il passa ce graudfleuve après eux à Moliilou, derniere ville de laPologne , qui appartient tantôt aux Polonais, tan-tôt aux czars; destinée commune aux places fron-tières.