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qui dejnandait en donnant des millions : ainsi ce me-me grand-visir qui auparavant avait promis solen-nellement de mener le roi de Suede en Moscovieavec deux cent mille hommes, osa bien lui faireproposer de consentir au sacrifice du général Ma-zcppa. Charles fut outré de cette demande. Ou nesait jusqu’où le visir eut poussé l’affaire, si Mazep-pa, âgé de soixante et dix ans, ne fût mort précisé-ment dans cette conjoncture. La douleur et le dépitdu roi augmentèrent quand il apprit que Tolstoi,devenu l’ambassadeur du czarà la Porte, était publi-quement servi par des v Suédois faits esclaves à Pulta-va , et qu’on vendait tdus les jours ces braves sol-,dats dans le marché de Constantinople . L’ambassa-deur moscovite disait meme hautement que lestroupes musulmanes qui étaient à Bender, y étaientplus pour s’assurer du roi que pour lui faire hon-neur.
Charles, abandonné par le grand-visir, vaincupar l’argent du czar en Turquie , après l’avoir étépar ses armes dans l’Ukraine , se voyait trompé, dé-daigné par la Porte, presque prisonnier parmides Tarlarcs. Sa suite commençait à désespérer : luiseul tint ferme, et ne parut pas abattu un moment. Ilcrut que lo sultan ignorait les intrigues de Chour-louli Ali, sou grand-visir; il résolut de les lui ap-prendre; et Poniatowski se chargea de cette commis-sion hardie. Le grand-seigneur va tous les vendredisà la mosquée, entouré de ses solaks, especes de gar-des, dont les turbans sont ornés de plumes si hautesqu’elles dérobent le sultan à la vue du peuple.Quand on a quelque placet à présenter au grand-