seigneur on tache de se mêler parmi ces gardes, et onleve en haut le placet : quelquefois le sultan daignele prendre lui-même; mais le plus souvent il or-donne à un aga de s’eu charger, et se ‘ait ensuite re-présenter les placets au sortir de la mosquée. IIn’est pas à craindre qu’on ose l’importuner de mé-moires inutiles, et de placets sur des bagatelles,puisqu’on écrit moins à Constantinople en toutenue année qu’à Paris en un seul jour : ou se hasardeencore moins à préseuter des mémoires contre lesministres, à qui pour l’ordinaire le sultan les ren-voie sans les lire. Poniatowski u’avait que cette voiepour faire passer jusqu’au grand-seigneur les plain-tes du roi de Suède • il dressa un mémoire accablantcontre le grand-visir. M. de Fcriol,alors ambassadeurde France , et qui m’a conté le tait, lit traduire lemémoire en turc : on donna quelque argent à unGrec pour le présenter ; ce Grec s’étant mêlé parmiles gardes du grand-seigneur, leva le papier si haut,si long-temps, et lit tant de bruit, que le sultan l’ap-percut, et prit lui-même le mémoire.
On se servit plusieurs fois de ce moyen pour pré-senter au snltan des mémoires contré ses visirs : unSuédois, nommé Leloing, en donna encore un au-tre bientôt après. Charles "XII, dans l’empire desTurcs , était réduit à employer les ressources d’unsujet opprimé.
Quelques jours après le sultan envoya au roide Suede , pour toute réponse à ses plaintes, vingt-cinq chevaux arabes, dont l’un, qui avait portésa hautessc, était couvert d’une selle et d’une housseenrichies de pierreries, avec des étriers d’or massif.
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