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passer de nouvelles ; et, ce qui semble étonnant,c’est que le grand-seigucur n’en savait rien.
La mauvaise politique de la Porte d’avoir tou-jours par vanité des ambassadeurs des princes chré-tiens à Constantinople , et de ne pas entretenir unseul ageut dans les cours chrétiennes, fait queceux-ci pénètrent et conduisent quelquefois les ré-solutions les plus sécrétés du sultan, et que le di-van est toujours dans une profonde ignorance dece qui se passe publiquement chez les chrétiens.
Le sultan, enfermé dans son serrail parmi sesfemmes et ses eunuques, ne voit que par les yeuxde son grand-yisir : ce ministre, aussi inaccessibleque son maître, occupé des intrigues du serrail,et sans correspondance au dehors , est d’ordinairetrompé, ou trompe le sultan, qui le dépose ou lefait étrangler à la première faute, pour en choisirun autre aussi ignorant ou aussi perfide, qui seconduit comme ses prédécesseurs, et qui tombebientôt comme eux.
Telle est pour l’ordinaire l’inaction et la sécu-rité profonde de cette cour, que si les princes chré-tiens se liguaient contre elle, leurs flottes seraientaux Dardanelles , et leur armée de terre aux portes .d’Andrinople avant que les Turcs eussent songéà se défendre : mais les divers intérêts qui divi-seront toujours la chvétienté sauveront les Turcsd’une destinée que leur peu de politique et leurignorance clans la guerre et dans la marine sem-blent leur préparer aujourd'hui.
Achmet était si peu informé de ce qui se passaiten Pologne , qu’il envoya un aga pour voir s’il