était vrai que les armées du czar y fussent eueore :deux secrétaires du roi de Suede qui savaient lalangue turque accompagnèrent l’aga, afin de servirde témoins contre lui en cas qu’il fît un faux rap-port.
Cet aga vit par ses yeux la vérité, et en vintrendre compte au sultan même. Achmet indigneallait faire étrangler le grand-visir ; mais le fa voriqui le protégeait, et qui croyait avoir besoin deloi, obtint sa grâce, et le soutint encore quelquetemps dans le ministère.
Les Russes étaient protégés ouvertement par levisir, et secrètement par Ali Coumourgi, qui avaitchangé de parti : mais le sultan était si irrité, l’in-fraction du traité était si manifeste, et les janis-saires , qui font trembler souvent les ministres,les favoris, et les sultans,, demauderent si haute-ment la guerre, que personne dans le serrail n’osaouvrir un avis modéré.
Aussitôt le graud-seigneur fit mettre aux Sept-Tours les ambassadeurs moscovites, déjà aussi ac-coutumés à aller en prison qu’à l’audience. Laguerre est de nouveau déclarée contre le czar, lesqueues de cheval arborées , les ordres donnés àtous les hachas d’assembler une armée de deuxcent mille combattants. Le sultan lui-même quittaConstantinople , et vint établir sa cour à Andri-nople pour être moins éloigné du théâtre de laguerre.
Pendant ce temps une ambassade solennelle, en-voyée au grand-seigneur de la part d’Auguste etde la république de Pologne , s’avançait sur le