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Ma Muse au moins souffrait une froide épithete;
3 f Je ferois comme un autre, & fans chercher fi loin,
J’aurois- 'toûjouts des mots pour les coudre au besoin.Si je louois Philìs, En miracles féconde ;
Je trouverais bien-tôt, A nulle autre seconde.
Si je voulois vanter un objet Nempareil ;
40 Je meurois à Tinstant, Plus beau que le Soleil.
Enfin parlant toujours à'Astres & de Merveilles,
De Chef-d'œuvres des Cieux , de Beautez. fans pareilles jAvec tous ces beaux mots souvent mis au haxard,
Je pourrois aisément, sans génie & fans art,
45 Et transposant cent fois & le nom Sc le verbe,Dans mes vers recousus mettre en pieces Malherbe.
Mais mon Esprit, tremblant fur le choix de ses mots,
N’en
Gilles Boileau, frere de notre Auteur, avoir déja reprisT Abbé Ménage de son affectation a emploïerccs lortes-de-Titrâtes Poétiques: En charmes st féconde , -A nulle autre pa-reille, .A nulle autre seconde : Ce ches-d’œuvre des Cieux, Ce mi-racle d'amour , & c, on peut voir l’^ivis à Mr. Ménage , furson Eglogue intitulée Christine p. 16.
Vers 46. Dans mes Vers recousus mettre en pièces Malherbe. 211 étoit difficile de faire un vers qui rimât avec celui-ci.Cela parut même impossible i la fontaine, à Molière, Lcà tous les amis que notre Poète consulta. Cependant iltrouva le vers qu’il ciierchoit.
[ Et transposant citit sot s (p le'nom ir le verbe.
Quand il le dît a La Fontaine : .Ah levoilà ,s'ècriace-lui-ci , en ['interrompant ; Vuts êtes bien heureux. Je donne-rois : c plus beau de mes Contes pour avoir trouvé cela.
Mr. Despréaux faifoit ordinairement le second vers avantle premier. C’eft un des pics grands secrets de la Poésie,pour donner aux vers beaucoup de sens & de force. 11 con-seilla à Mr. Racine de suivre cette méthode j Sc il disoit à*e propos : Je lui aì abris à rimtr â’jjìcilmcot,
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