3 jo L I 5 S E R T A T I O Hmême ne s’est fait connoître aux Prophètes,qu’autant que leur foibleílè le pouvoit permet-tre , & d’une manière proportionnée à la pe £1 'tesse de l’esprit de ceux à qui il envoyoit cessaints hommes. • Autrement lì Dieu eût vouluse manifester d’une manière, qui fût au dessusde notre portée, cela nous auroit été inutile-C’est à cause de cela que l’on volt dans l’EcN-ture une infinité d’expressions, que les Théo*logiens nomment des Anthropopathies , ou q ulexpriment des choses divines , par des métaph 0 'res tirées des choies humaines ;& qui íbnt bie Déloignées d’élever nos esprits à une connoissaO'ce, qui ait quelque proportion avec l’éterneH egrandeur de la Divinité.
Cependant nous disons quelquefois que d’aU'tres hommes ont parlé d’une manière sublim ede Dieu ; fans penser que nous n’avons ni idées,ni paroles, qui nelerabaissentiiifiniment. Ma> sce Sublime doit s’entendre par raport à notr 2foibleílè, .& nous appelions relevé un langage,qui est au dessus de celui dont on se sert com;munément, & par lequeld’excellensgénies? 3proportion des autres, ont tâché d’élever nt>sesprits autant qu’ils ont pû au dessus des idée*vulgaires. Mais il faut toujours se ressouvensque ceux que nous admirons le plus parmi 1 £Shommes^ ont tous été renfermez dans ks bot'ïies de la Nature Humaine, desquelles il est ifl 1 'possible à la postérité d’Adam de jamais sortis,ici bas. Les esprits du premier ordre,parmi noU s >font des esprits fans doute très-populaires, £,îcomparaison des Intelligences élevées au dessusde notre nature, & il y a toujours une distan c£infinie entre les intelligences les plus relevés