de P. Corneille. 87
est la marche de l’esprit humain ; il faut passer parl’enflure pour arriver à la vraie éloquence. C’est ledéfaut de la jeunesse dans tous les temps ; quandelle veut s’élever, elle croit ne se guinder jamaisassez haut , et il y a des temps où tous les espritssont jeunes. Balzac est le premier qui fonda un prixd'éloquence.
(t6) M. de Voltaire remarque que Pascal a imitéces vers de Corneille dans Héraclius :
De quoi sert k mon cœur ton murmure imparfait?
Ne me dis rien du tout > ou parle tout-à-fait.
Qui que ce soit des deux que mon sang a fait naître;
Ou laisse-moi lë perdre , ou fais-le moi connoître.
J’ai cherché cette pensée de Pascal, et je crois quec’est celle-ci que M. de Voltaire a eue en vue.
« J’ai cherché si ce Dieu , dont tout le mondeparle , n’auroit point laissé quelques marques delui. Je regarde de toutes parts, et ne vois par-toutqu’obscurité. La nature ne m’offre rien qui ne soitmatière de doute et d’inquiétude. Si je ne voyoisrien qui marquât une divinité , je me détermine-rais à n’en rien croire ; si je voyois par-tout lesmarques d’un créateur, je reposerois en tout dansla foi. Mais voyant trop pour nier et trop peu pourm’assurer , je suis dans un état à plaindre , et oùj’ai souhaité cent fois que si un dieu soutient la na-ture , elle le marquât sans équivoque , et que si lesmarques qu’elle en donne sont trompeuses , elle
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