g 8 Éloge
la vraie comédie eût commencé à paroître ;l’art le plus difficile doit se montrer le der-nier. Le poëte tragique travaille sur un fondqui reste toujours le même ; c’est la naturelibre et caractérisée par des traits invaria-bles, c’est la passion qui éclate en montrantl’homme à découvert. Le poëte comique nepeint les mœurs particulières que sous lesmœurs nationales , qui, en variant sans ces-se, changent l’expression des caractères; Delà le poëte comique n’a point de modèles ;il ne trouve dans l’antiquité que des mœurs,un goût qui n’existent plus, et quelquesréglés dont la plus importante , celle de plai-re , est perdue. Le poëte tragique a pour luil’expérience des siècles, ses sources sont l’é-popée et l’histoire; quand il veut peindre,son propre cœur , une connoissance géné-rale des hommes suffit pour le conduire. Lepoëte comique a besoin d’une observationplus particulière ; les traits qu’il emploie sontdans la société , mais épars, difficiles à re-connoître ; et quand il les a saisis , leur en-chaînement est l’ouvrage de son génie. Lepersonnage qu’il montre , est, pour ainsidire , un être qu’il a créé ; création d’autantplus difficile , que son imagination est assu-