DE MOLIERE. ï
On reconnoîtra combien il est supérieur aux■anciens dans l’exposition du sujet, dans lamarche de l’intrigue, et dans le dénouementmême. La plupart de ses expositions sontheu-reuses ; celle du Tartuffe est unique. C’est parla rupture de la grand’mere avec toute sa fa-mille que commencela piece ; Tartuffe en estla cause ; et le dépit de la vieille , ep querel-lant tout le monde , fait la peinture de tousles caractères ; car à travers le langage de laprévention, Moliere a laissé voir la vérité.S’il s’agit d’exposer les vues d’un amant surla femme d’autrui , elle engage l’action enmême temps qu’elle instruit le spectateur.C’est toujours par l’action que Moliere an-nonce et peint ses caractères : il entre dansson sujet sans peine, et le développe sanseffort ; il en fait sortir une intrigue intéres-sante et comique, variée par une infinité d’in-cidents. Quel art- de préparer, de conduire ,de prolonger , d’interrompre les scenes ! Ila montré dans l’Avare comment on pouvoitfaire marcher deux actions de front, en lesunissant par l’influence du caractère princi.pal: voilà les progrès de l’art. On a com-mencé par des pièces à plusieurs intrigues ,qui n’avoient entre elles qu’une foible liaî-
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