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Tome premier.
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Ii8 Éloge

sodé de Cléanthis , qui est un trait de génie.Dans l’Avare, dont nous avons déjà parlé,on voit que Plaute a souvent peint d’imagi-nation ; on voit que Moliere suit la natureet ne la passe jamais.

Avec moins de goût que Térence , Moliereest plus varié dans ses caractères ; il a encoreplus d’invention que Plaute, et il est plusvrai et plus comique. Moliere a joint les ca-ractères de Térence à l’intrigue et aux inci-dents de Plaute ; et de ces deux hommesil n’en a fait qu’un , qui est resté inimitable.D’ailleurs combien l’art n’est-il pas plus dif-ficile aujourd’hui qu’il ne l’étoit à Rome , àRome, où la nature libre se montroit danstoute son énergie ! Les caractères sont mieuxdéployés , plus différents dans une républi-que ; la dépendance a les yeux baissés , tandisque la liberté leve un front superbe. Si Plauteet Térence revenoient au monde , ils recon-noîtroient leur maître dans -Moliere , parce-qu’il a réuni et surpassé leurs talents , et qu’ila mieux peint les mœurs particulières sousnu ciel où les mœurs générales sembloientles absorber.

Ainsi le vrai comique m’est plus l’art de■Térence ni de Plaute, il est l’art de Moliere,