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Tome premier.
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124 Élogï

grade. Au reste ils avoient senti que l’amourne se corrige point: nous le tenons de lanature, il faut que la nature détruise elle-même son ouvrage. Les autres passions peu-vent être combattues sur la scene par desexemples ; l’amour seul se plaît dans sa pein-ture , et se nourrit de ses excès.

Si la plupart des pièces de Moliere n’a-voient pas un but moral, je n’aurois pu l’en-visager comme philosophe ; car la sagessedemande compte de l’emploi du temps etdu génie, et l’homme juste n’a dans sa vieil-lesse d’autre jouissance que celle du bienqu’il a fait. Mais , ô Moliere , si ta carriersavoit été plus longue , quelle vieillesse eûtété plus heureuse ! Tu as montré la bassesseet la honte de l’avarice , tu as démasqué l’hy-pocrisie; et si la racine de ces vices n’estpoint arrachée, c’est qu’elle tient à la na-ture ; il n’est pas donné à l’homme de lachanger. Mais qui sait ce que l’avare souffreà ce tableau? L’hypocrite du moins s’effraieau spectacle du Tartuffe ; il regarde autourde lui si on ne l’observe pas , et il frémit aunom que tu lui as donné. Ton Misanthropeest une grande leçon. La vertu même a sesdéfauts ; mais en cherchant à les corriger ,