Eloge
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gence. Il connoissoit trop bien les hommespour ignorer combien la vertu est rare ; aussine la rençontroit-il point sans enthousias-me , sans la payer de son admiration ; aussiquand un pauvre rapporta une piece d’orqu’il lui avoit donnée par hasard, cet hommevertueux lui en donna-t-il une autre, en s’é-criant : Où la vertu %'a-t-elle donc se nOcher! Parole remarquable , et qui suffit seulepour caractériser Moliere. Osons dire unevérité utile qui naît de l’éloge de ce grandhomme ; c’est que les vrais talents éleventl’ame , et Famé élevée est toujours bonne.Quelles que soient les traverses que susci-tent la haine et l'envie , l’homme de lettressera toujours juste, s’il est vraiment supé-rieur ; il a, comme le reste des hommes ,Dieu pour témoin; il a de plus l’univers quil’observe et l’envieux qui l’épie. Si je n’écri-vois que pour des philosophes , j’aurois ditseulement : Moliere fut vertueux, pensez àson génie et rappellez-vorrs ses ouvrages :mais dans ce siecle éclairé tous les préjugésne sont pas détruits ; une voix sortie de lafoule des gens du monde peut m’objecterl’état de Moliere. Son état ! le génie n’en apoint. Placé hors de toutes les classes , il est