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DE MOLIERE,unique comme le souverain. Quand on lit leTartuffe , s’informe-t-on si Molière fut co-médien ?
Nous lie dissimulerons pas que Molieren’ait fait une faute en montant sur le théâ-tre. On peut combattre , on ne doit jamaisbraver l’opinion publique. Dans la Grece lepoëte étoit lui-même comédien, et cette unitémanque chez nous à l’imitation. Moliere futmoins retenu par l’opinion publique , qu’en-couragé par l’exemple des Grecs. Louons lecitoyen qui respecte le préjugé, c’est-à-direla raison de son pays; mais pardonnons augrand homme qui osa ne consulter que laraison universelle, et regarder comme ho-norable un état où le talent se montre aveéclat, et ou la vertu se conserve quand elleest vraie. Aureste, je pourrais demander auxgens du monde : Connoissez-vous l’état quevous voulez avilir? savez-vous ce qu’il exige?L’art de la déclamation tient aux talents del’esprit. Le comédien comme le poëte doitpenser, sentir et peindre. Il doit penser poursaisir l’ensemble et les détails du caractère,pour deviner Fauteur même , quand l’expres-sion de l’idée tient au geste ou à l’inflexion dela voix ; il doit sentir, car qui peindra ce
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