de M. l’abbé de la Caille, xip
que, dont la raison et les connoissances ma-thématiques l’avoient déjà dégoûté : un livred’astronomie que le hasard fit tomber entreses mains, acheva de le décider. Il essaya deCalculer une éclipse de soleil. Des méthodesdéfectueuses , ou mal exposées, étoient un.mauvais guide ; mais il avoit un esprit justequi y suppléoit. Sa fortune ne lui permettantpas d’acquérir d’autres livres , il fallut, pourainsi dire, qu’il inventât les méthodes déjàtrouvées. Il fut long-temps à réussir, maisenfin il réussit ; et ce temps qu’on serait tentéde regarder comme perdu , lui fut utile.Tant de gens lisent, et n’apprennent point àfaire usage de leur esprit en s’appropriantcelui des autres ! Quant à lui , son indigencelui valut l’art de découvrir. Il est dans lessciences , comme à la guerre, une espece decourage qui tient au manque de ressources ,et dont le succès est le fruit. Les essais dujeune delà Caille parvinrent jusqu’à M. Cas-sini , qui fut curieux de le connoître ; il leconnut bientôt en effet : sa sagacité et son ar-deur pour le travail n’étoient pas difficiles àappercevoir. M. Cassini le prit chez lui, oùM. de la Caille devint l’éleve du pere et l’é-mule du, fils. Les bontés et l’amitié de ce sa-