Band 
Tome premier.
Seite
158
JPEG-Download
 

l5S É L O G Ë

point où on peut la porter : c’est le câractcradistinctif du véritable savant ; car l’hommefie marche dans la carrière des sciences quepour en reculer les bornes. Jamais projet nefut mieux rempli. On voit communémentles hommes étendre fort loin les projets dontils s’occupent, et les resserrer dans l’exécurtion. M. delà Caille, quiembrassoitplusieursgrandes recherches, s’étoit engagé à les sui-vre ; il tint parole , et fit plus qu’il n’avoitpromis. Que ceux à qui les moments sontprécieux , que ceux qui savent que le fruitdu travail est la seule trace que le tempslaisse après lui, s’arrêtent sur cette époquede l’histoire de M. de la Caille , et contem-plent la vie laborieuse qu’il a menée au cap»Qu’on se représente un homme qui passechaque nuit sept à huit heures , l’œil conti-nuellement attaché à une lunette où il ob-serve toutes les étoiles qui peuvent être obi*servées, tantôt debout, tantôt couché * re-

* Il étoit souvent très long-temps dans cette po-sition si incommode, il avoit un support fait enespece de fourche , sur lequel il reposoit sa tête ;d’ailleurs il s’étoit accoutumé à compter de suite àla pendule , à écrire en même temps sans s’inter-rompre ; et c’est ainsi que souvent il passoit plu-sieurs heures de la nuit.