de Leibnitz. 245
taqua. Mais la maniéré dont il entreprit de le réfuter,prouve le mérite même du livre. 11 se sert des re-cherches de Leibnitz pour le combattre ; et, commedit très bien l’homme de lettres estimable dont unepartie de ces notes est tirée, « on ne pille guereceux qu’on n’estime pas beaucoup ». D’ailleurs ,s’il maltraita Leibnitz, c’est qu’il mallraitoit toutle monde. C’étoit un de ces gens qui se rendent cé-lébrés par leur causticité, et qui, comme ces ani-maux destinés à nous garder pendant la nuit, veil-lent dans la carrière des lettres pour dévorer les pas-sants. Vie de Leibnitz.
(9) Leibnitz avoit .vingt-deux ans. On n’est ma-jeur par le droit saxon qu’à vingt-un ans accomplis.'
(10) C’étoit en effet le projet de Leibnitz. Il l’an-.nonça dans un ouvrage intitulé, Corporis juris re-concinnandi ratio. 11 y développe le plan qu’il seproposoitde suivre; et ce plan étoit très vaste, puis-qu’il embrassoit une législation universelle. On s’enest étonné , et l’on a proposé deux questions. Lapremière , si Leibnitz, âgé de vingt-deux.ans, pou-voit être législateur de l’Europe , et si cette entre-prise n’exigeoitpas une multitude de connoissances,un jugement long-temps éprouvé par l’expérience ,qui est le fruit de l’âge mûr. La seconde , si les mê-mes lois peuvent convenir à tous les peuples poli-cés. On peut répondre à la première, que Leibnitzétoit déjà fort instruit lorsqu’il conçut ce grandprojet ; il est inutile de faire remarquer qju’il avoit
Q üj