Eloge
médité les lois, puisqu’il en avoit connu les défauts.J’avoue que pour en proposer de nouvelles, il fautdes connoissances plus étendues. Mais Leibnitz ,qui connoissoit l’importance de la matière, l’auroitlong-temps méditée ; et cet ouvrage , commencé àvingt-deux ans , n’eût peut-être pas été fini à cin-quante. La seconde question demande un examenplus approfondi: si tous les hommes étoient raison-nables , la loi serait inutile, ou, pour mieux dire ,tout homme serait la loi; caria loi est la raison hu-maine , qui seule doit gouverner le monde ; commeraison , elle guide chaque particulier par ses réglésimmuables ; comme loi, elle le punit s’il s’en écarte.Il s’ensuit donc que la raison étant ou devant êtrela même chez tous les peuples policés , un grandnombre de lois peuvent être communes à ces peu-ples. Le caractère national, la maniéré de vivre ,semblent exiger des lois différentes : un peuple quivit de la pêche n’a pas besoin de lois sur la chasse ;des lois sur le commerce sont inutiles à un peupleconquérant. Que s’ensuit-il de là? rien, sinon quele génie ou l’habitation lui interdisent ou lui pres-crivent le commerce ; mais non pas que les lois ducommerce ne soient immuables, comme leursourcequi est la liberté. Niera-t-on que tous les peupleséclairés ne dussent avoir la même jurisprudence cri-minelle? le vol , le meurtre est-il autre chose enAngleterre qu’en France ? pourquoi ne seroit-il paspuni de même? On ne m’objectera point que le fait
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