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par tous les moyens, et on est mécliant pourse désennuyer. Tel est Cléon , le héros de lapiece. La bonhommie, la simplicité, la fran-chise , sont des ridicules , et Géronte est enbutte à tous les traits de la malignité. Entre cesdeux personnages , le poëte a placé un jeunehomme heureusement né, mais séduit, déjàtrompé dans le choix d’un modèle , ridicu-lisant le vieillard , et prêt à se perdre avec leméchant, si Gresset, sous le nom d’Ariste,ne l’àrrêtoit sur le bord de l’abyme.
Cette piece a peu d’action, de mouvementet de situations théâtrales. Mais si on repro-che à Gresset de n’avoir employé que de foi-bles ressorts , c’est qu’il n’y en a pas d’autresdans ce monde agité de tant d’intrigues. Ona dit que son Méchant n’étoit qu’un tracas-sier : ce n’est pas sa faute si la plupart de cesintrigues ne sont que des tracasseries. Là ,les caractères de la nature s’effacent àla lon-gue , les traits saillants s’usent par le frotte-ment, tout ce qui est grand est forcé de s’a-baisser pour prendre le niveau : le vice mêmey perd son énergie ; et le genre humain au-roit gagné au changement, si les atrocitésplus rares n’étoient plus que compenséespar la multiplicité des crimes subalternes.