D E M. B A I L L T. 377
de M. d’Alembert, dont vous venez d’enten-dre célébrer dignement la mémoire ; l’autre,de M. de Tressan , que j’ai l’honneur de rem-placer. Présenté et admis dans sa vieillesse,il a peu joui de l’honneur de siéger parmivous , Messieurs. C’est presque au bord dutombeau que vous l’avez couronné, et onpourrait dire que c’est le chant du cygne quivous l’a fait reconnoître. La giierre, lescours , et différents emplois avoient succes-sivement occupé la plus grande partie de savie. Son bonheur fut de vivre dans ces coursmêmes , avec ce qu’elles offraient et de plusinstruit et de plus aimable ; d’abord à lacour de Versailles ; ensuite à celle de Lu-néville , auprès d’un prince éclairé , d’unprince ami des hommes et bienfaiteur de sonpeuple.
M. de Tressan, presque contemporain deVoltaire, et témoin de la longue vieillesse deFontenelle, eut l’avantage d’être lié avec cesdeux hommes célébrés. Il s’honoroit d’avoirété leur disciple , et on peut croire que l’au-teur des Mondes n’auroit pas désavoué l’é-crivain de l’Amadis.
Dans cette société où Voltaire montrait ungénie si vaste, et Fontenelle un esprit si fa-