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qui est ingénieux doit paroître échapper àla naïveté. La grâce semble l’attribut desvertus les plus touchantes , l’innocence , lacandeur, la sincérité : et il ne faut pas s’é-tonner si elle a tant de droits pour nousplaire ; il ne faut pas s’étonner si elle s’éloi-gne de nous à mesure que nous nous éloi-gnons de ces vertus des premiers temps.
Le style gaulois a de la grâce , parcequ’ilest naïf; et il tient cette naïveté de la simpli-cité des mœurs antiques. M. de Tressan lesétudia dans nos vieux romans , qui en sontles dépositaires. Il sentit que son talent étoitde peindre ces mœurs ; son style en reçutl’empreinte , et il transporta dans notre lan-gue perfectionnée le ton naïf et la grâce na-turelle du langage gaulois. Nous ne pouvonspeindre que ce que nous sommes capablesde sentir et d’aimer. On voit par la traduc-tion de la charmante histoire de Saintré, etpar celle de l’Àmadis, que les inclinationsde M. de Tressan l’auroient porté vers lesmœurs chevaleresques des anciens temps denotre monarchie, temps illustrés par l’hé-roïsme de la valeur et de l’amour ; la gloireet la beauté en étoient les idoles. Ce furentcelles de M. de Tressan , et il les chanta