Discours
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comme Anacréon, qui, couronné de myrteet chargé d’années , chantoit l’Amour en sa-crifiant aux Grâces ; avec cette différenceque le vieillard François , malade et tour-menté de la goutte , a déployé les premierset les derniers efforts de son talent au milieude ces souffrances. C’est dans ces momentsde douleurs , et presque sans sortir de sonlit , qu’il a entrepris la traduction de l’A-rioste, achevée en moins de dix mois. Ledésir d’obtenir vos suffrages, Messieurs,a excité ses efforts ; et si la célérité et la fa-cilité du travail ont laissé des défauts danscet ouvrage , il faut admirer le vieillard quiconservoit tant de force et d’ardeur, et dequi le talent maîtrisoit l’âge et la maladie. Lagaieté Françoise avoit alors le même effet quele stoïcisme : le mal n’atteignoit pas l’espritde M. de Tressan ; sa tête restoit libre , etson imagination étoit riante. Il peignoitleshauts faits d’armes comme un François quisent qu’il est né pour s’y distinguer : il pei-gnoit l’amour comme un homme qui se plaîtà s’en souvenir.
Mais l'amour dont il nous traça la pein-ture tenoit encore aux mœurs antiques ; c’é-toit 1 amour associé à la gloire, ennobli par