LETTRE
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gination. Nous pouvons juger de leurs sen-sations par leurs désirs. Le désir est ordinai-rement en raison de la sensation précédem-ment éprouvée. Et quand je parle des désirs,,je n’entends pas les appétits naturels, tels quel’amour, ou plutôt le besoin de nous repro-duire , qui nous agite par notre propre for-ce, et qui peut exister sans objet ; je ne parlepoint de la faim , besoin physique et impé-rieux , propre à mettre tout en. mouvementdans une organisation souffrante qu’il tendà conserver : je parle de la gourmandise quinaît de l’abondance, besoin factice, attachéparticulièrement à l’état de société. Vous sa-vez , Monsieur, que les animaux ont pris denous ce vice qui n’existe point dans l’état denature. Un chien bien nourri n’en recherchepas moins les superfluités que le luxe luiprodigue dans la chambre de sa maîtresse.Or, lorsque ce chien desire une chose qu’ilne voit pas, lorsqu’il l’indique par ses mou-vements et, pour ainsi dire, par ses gestes,son œil est ardent, tous ses traits sont ani-més, et tous ses mouvements impétueux.L’objet n’est cependant pas présent ; il n’ya point de sensations actuelles , l’objet n’e-^iste que dans le souvenir ; et la vivacité ,