SUR LES AHIMÀTTX. il®
l’impétuosité du désir annoncent que l’ani-mal a eu des sensations fortes, et qu’il les re-produit alors avec toute leur énergie. Ce n’estpoint la mémoire seule qui les lui rappelle >c’est la mémoire revêtue de cette puissancequi rend les objets présents, et qui constituel’imagination ; et lorsque les animaux rêvent*ne semble-t-il pas, Monsieur , qu’ils se pas-sionnent dans leur sommeil, comme dansla veille? Les chiens jappent en dormant ; onreconnoît à leurs accents qu’ils croient en-tendre le bruit du çor, et poursuivre les'ani-maux des forêts. Le chasseur crie en dor-mant , comme quand il anime les chiens ; lechien jappe, comme quand il est animépar laVoix de son maître, et par sa propre passionpour la chasse. C’est dans le sommeil quel’homme et l’animal se ressemblent le plus ;la raison n’agit pas, l’ame ne commande plus!toutestenréminiscence:mais si les sensation^n’étoientpas aussi fortes que lorsque les ob-jets sont présents, l’homme et l’animal, dansle sommeil, ne seraient pas agités de leurspassions. C’est l’imagination qui, au milieudu repos, les met en mouvement, et leurcrée à l’un et à l’autre et des forêts et des ob-jets imaginaires qu’ils poursuivent commedes objets présents. H iv