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Tome second.
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IETTRÏ

Le cheval est fier de sa nature, mais il estdoux et paisible ; quoique revêtu de force etd’armes naturelles , il n’est jamais en guerreni avec ses semblables ni avec aucune autreespece. Pourquoi se plaît-il au bruit des ar-mes? pourquoi, voyant le péril sans le crain-dre, s’anime-t-il de l’ardeur des combattants ?Ce ne sont point ni ses besoins ni ses pas-sions qui l’ont jeté dans la mêlée. Tandis queles hommes semblent, par cette fureur meur-trière, se dépouiller de leur raison, etdescen-dre du. rang quileur appartient,l’animal s’élèvepar le courage,et s’agranditpar la nécessité.L’imitation sans doute'le conduit ; il partagel’ivresse générale : le bruit des armes et de lamusique militaire le frappe; l’idée du pérille transporte, et une passion factice le forced’oublier et ses inclinations naturelles et lesoin de sa conservation. Mais que lui fait cebruit des armes et le son de la trompette, sice n’est d’éveiller son imagination? qui luiannonce ce péril la première fois qu’il estforcé de s’y présenter? qu’est-ce qui produitles passions factices, si ce n’est l’imagination?Au milieu du tumulte, clans le concours d’unnombre de sensations inconnues , l’animalne sait ni où il est, ni ce qu’on lui veut ; mais