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Tome second.
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LETTRE

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idées. Si l’éléphant conserve le souvenir desbienfaits et des offenses , croirons-nous quecette sensibilité ne soit fondée que sur la mé-moire ? Dans la colere , il ne méconnoîtpoint ses amis. Cependant la colere, et sur-tout la sienne, se manifeste par des accèsimpétueux. Au milieu de ce trouble, un avisfoible , comme celui de la mémoire, ne se-roit pas entendu; c’estun sentiment profond,une idée vive comme celle que produit l’i-magination , qui peut parler aussi haut quela colere , et en suspendre les mouvements.:Un soldat qui avoit coutume de donner delarac à un éléphant, étant poursuivi, se ré-fugia sous cet animal , et s’y endormit : cefut en vain que la garde tenta de l’arracherde cet asyle, l’éléphant le défendit avec satrompe. Un éléphant, furieux des blessuresqu’il avoit reçues à la bataille de Hambourg,couroità travers champs, et poussoitdes crisaffreux ; un soldat qui, malgré les avertisse-ments de ses camarades , n’avoit pu fuir ,peut-être parcequ’il étoit blessé, se trouva àsa rencontre. L’éléphant craignit de le fouleraux pieds , le prit avec sa trompe, le plaçadoucement de côté , et continua sa route.Mais si la reconnoissance des bienfaits peut

être