LETTRE
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de ce spectacle, prit ses deux enfants et lesjeta aux pieds de l’animal encore tout fu-rieux, en lui disant Puisque tu as tué monmari, ôte - moi aussi la vie ainsi qu’à mesenfants. L’éléphant s’arrêta tout court, s’a-doucit, et, comme s’il eût été touché de re-gret , prit avec sa trompe le plus grand desdeux enfants , le mit sur son cou, l’adoptapour son cornac et n’en voulut point souf-frir d’autres.
Des affections plus douces dans des ani-maux moins puissants décelent également,Monsieur, la présence etle pouvoir de l’ima-gination. Le chien, le cheval sont des ani-maux sociables : ils aiment l’homme, sacompagnie leur devient un besoin ; et plusconstants pour lui que l’homme lui-même ,cette association dure autant que la vie. Lechien meurt quelquefois sur le tombeau deson maître. Et qui l’attache à ce tombeau?qui le fait se refuser aux besoins les pluspressants, oublier le vœu de la nature, etconsommer lentement le sacrifice de sa vie?C’est une idée chere, une image qui le suit,qui lui rend son existence douloureuse ; etcette image n’est présente que par son ima-gination. Des chevaux domestiques , aban-