SUR LES ANIMAUX.
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donnés dans les bois et dans des plaines ,où ils ont abondamment de quoi varier leurnourriture, se déplaisent dans cette soli-tude ; l’homme leur manque ; ils hennissentpour se faire entendre , ils accourent à lavoix de l’homme ; et lorsque l’homme neparoît pas , ils se consument de maigreur, etpérissent en peu de temps. La mémoire n’apoint de tels effets : ces regrets douloureuxn’existent que dans l'imagination , elle est àla fois l’organe et la source de la sensibilité.La mémoire est le sentiment des indifférents,l’imagination est la mémoire des êtres sen-sibles.
Nous voyons donc que le souvenir des ani-maux n’est pas toujours froid, indifférent,stérile comme la mémoire ; il est souventanimé, vif et puissant comme l’imagination.Les faits démontrent qu’ils peuvent avoir unesensation aussi forte d’une chose passée otld’un objet éloigné que d’un objet présent.Les faits démontrent que lorsque les be-soins éveillent l’industrie , ils combinent unpetit nombre d’idées. Voilà l’imaginationtelle qu’elle est connue et définie par les mé-taphysiciens et par les philosophes. Nousyoyons que les animaux sont susceptibles
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