ÉCOLE D’ALEXANDRIE
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huitième livre, il fournit de précieuses données sur la méca-nique des anciens. C’est dans Pappus que se trouvent les vingt-neuf énoncés au moyen desquels un de nos plus savants géo-mètres, M. Chasles , a rétabli, comme nous l’avons dit, le traitédes Porismes d’Euclide.
Diophante , mathématicien célèbre, était né à Alexandrie . Onignore dans quel temps il a vécu. Si c’est le même personnageque l’astronome Diophante (1), sur lequel, au rapport de Suidas ,Hypatie écrivit un savant commentaire, il ne peut avoir vécuque vers la fin du cinquième siècle. En effet, Proclus et Pappusgardent, à son égard, un silence absolu, et certainement, s’ilsfussent venus après lui, ces deux géomètres n’auraient pasmanqué de faire une mention quelconque de l’inventeur pré-sumé de l’algèbre. Suivant l’arabe Aboulfarage, cité par Mon-tucla, Diophante vivait sous l’empereur Julien , vers la secondemoitié du quatrième siècle de notre ère.
Quoi qu’il en soit, c’est Jean, patriarche de Jérusalem , qui,le premier, dans sa Vie de Jean Damascène , a fait mention deDiophante , et c’est son ouvrage grec intituté ’ApiOp-nTot, qui asauvé son nom de l’oubli. Les premiers manuscrits de cetouvrage, qui semble avoir été primitivement composé de treizelivres, furent découverts, en 1460, par Regiomontanus , dansles bibliothèques de l’Italie . Mais on n’en a retrouvé que sixlivres.
Diophante ne s’est pas élevé au-dessus de la résolution deséquations du deuxième degré, qu’il réduit, par des considérationsingénieuses, à de simples extractions de racines carrées. Est-ilarrivé là par ses propres méditations, et sans le secours d’au-cun traité d’algèbre venu de l’Inde , ou de tout autre paysétranger? En ce cas, il eût été, dans le monde grec, le premierinventeur de l’algèbre. Mais on pouvait aussi avoir inventécette science ailleurs, comme le prouvent deux monumentsde la science indienne : le traité de Brahmequpta et celui deIthascara Acharya, traduits et publiés dans notre siècle parColebrooke, Taylor et Strachéry. On trouve, dans ces deuxtraités, des recherches d’un ordre beaucoup plus élevé quetoute l’arithmétique des Grecs. C’est ce que nous montrerons,