456 VIE? DES SAVANTS ILLUSTRES
en parlant, dans le volume suivant, des savants de l'Écolearabe.
Dans le Muséum, de l'École d’Alexandrie, on continua jusqu'àl'invasion des Arabes à cultiver les sciences et à les enseigner.Ammien Marcellin dit formellement que, de son temps, c’est-à-dire au quatrième siècle de notre ère, il y avait à Alexandrie un grand nombre de savants. C’étaient, en général, des com-mentateurs, des annotateurs, qui se piquaient d'entendre etd'expliquer Euclide , Apollonius , Ptolémée , etc., à peu prèscomme de nos jours, dans les Facultés de province, la plupartde nos professeurs se piquent d’entendre et d’expliquer lestraités de mathématiques, de chimie et d’histoire naturelleadoptés par l’Université.
Une lettre que nous avons de Sinésius , évêque de Ptolé-maïs, prouve que, dans le cinquième siècle, on continuaitencore, dans l’École d’Alexandrie, à s’occuper d’observationsastronomiques. Mais comme il est plus facile d’imaginer des dis-tinctions subtiles ou frivoles, et de disputer sur des mots, quede se livrer à l’étude des sciences exactes, le mj sticisme et laspéculation métaphysique prenaient toujours le dessus. De nou-veaux et prétendus philosophes surgissaient à l’envi.
Une philosophie qui s’égare, trouble et pervertit le milieusocial. L’éclectisme alexandrin et sa théologie mystique en-fantèrent des sectes et des partis. La rivalité, les emportementstumultueux de ces partis rivaux, rendaient de plus en plus diffi-ciles les études sérieuses. La lutte entre le christianisme triom-phant et le paganisme à son déclin, vint ajouter au trouble et àla confusion des esprits. Les luttes philosophiques finirent pardégénérer en séditions et en combats à main armée.
Ces luttes désordonnées et sanglantes firent une illustre vic-time. Nous voulons parler de la savante et belle Hypatie .Arrêtons-nous un instant sur cette femme célèbre, dont l’his-toire a retenu la destinée triste et touchante.
Hj-patie était fille de Théon , mathématicien célèbre, auteurd’un admirable commentaire sur l 'Alma g este de Ptolémée. Néeà Alexandrie , vers l‘an 370 après J. C., elle étudia sous les yeuxde son père la géométrie et l’astronomie. Elle recueillait enmême temps, dans les conversations et les leçons des profes-