DES AI O R T S, I 8 Iquence. Qu’importe que feufìe fait vo"tre bonheur ou non ?
J. de Go n. Quoi, vous concevésqu’on puisse être heureux en amour parune personne que l’on ne rend pas heu-reuse ? qu’il y ait, pour ainsi dire, desplaisirs solitaires qui n’ayent pas besoinde se communiquer, A qu’.on en jouissequand on ne les donne pas ? Ah ! cessentimens font horreur à des coeursbien faits.
S o. Je fuis Turc , i! me feroit par-donnable de n’avoirpas toute la délica-tesse possible. Cependant il me sembleque je n’ai pas tant de tort. Ne venés-vous pas de condamner bien fortementla vanité ?
J. de Go n. Oui.
S o. Et n’eíl-ce pas un mouvementde vanité, que de vouloir faire le bon-heur des autres? N’eít-ce pas une fiertéinsupportable de ne consentir que vousme rendics heureux, qu’àcondition queje vous rendrai heureuse aussi ? Un Sul-tan eíl plus modeste, il reçoit du plaisirde beaucoup de femre.es très-aimab’es,à qui il ne le pique point d’en donner.Ne ries point de ce raisonnement, il estplus solide qu’il ne vous paroît. Son-