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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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TABLEAU DE LÉTAT DES SCIENCES

préparée à la recevoir. Déjà, au treizième siècle, Roger Bacon avait conçu, comme nous lavons raconté dans la biographie decet homme illustre, un vaste plan de réforme scientifique,fondé sur lexpérience, le raisonnement et lobservation. MaisRoger Bacon était venu trop tôt. Le malheureux auteur deYOpus tnajus fut cruellement persécuté, et son ouvrage, dontil avait adressé une copie au pape Clément IV , demeura jus-qu'au dix-huitième siècle enseveli dans la bibliothèque duVatican . Cest que les idées du savant moine dOxford antici-paient considérablement sur le temps. Elles ne pouvaient êtrecomprises et accueillies quaprès une grande réforme réaliséedans lordre religieux, et lépoque était encore très-éloignée cette réforme devait saccomplir.

Quatre cents ans après, au dix-septième siècle, la civilisa-tion de lEurope avait beaucoup gagné. A la vérité, linquisition,dans les pays elle existait encore, continuait à sévir de tempsen temps contre les novateurs; mais sous linfluence d'idéesplus favorables au progrès des sciences et au développementdes arts, son pouvoir allait saffaiblissant tous les jours. Dansles universités, la vieille scolastique était peu à peu abandon-née. Des correspondances suivies sétablissaient entre leshommes délite, créant un échange continuel didées, qui bientôtmises en circulation, entraient dans le domaine commun de lascience. En Italie , en Erance, en Allemagne , en Angleterre,dans les Pays-Bas , le niveau intellectuel sélevait ainsi peu àpeu, dans toutes les classes lettrées.

Dans cette période, dailleurs si féconde en talents supé-rieurs de tout genre, quatre hommes qui ne se ressemblaient nipar le génie, ni par le caractère, et qui étaient nés dans despays différents, contribuèrent puissamment à la restaurationdes sciences. Ce furent: en Allemagne , Jean Keppler; en Italie ,Galilée ; en Erance, Descartes ; en Angleterre, François Bacon.

Keppler était avec un génie capable de sélever, par laconsidération des détails, aux vues les plus générales. Sonesprit encyclopédique s'était formé par des lectures immenses.Si, doué dune imagination moins aventureuse, il se fût bornéà étudier la nature par fragments isolés, il eût peut-être évitéune partie des erreurs dans lesquelles il est tombé, et il eût-couvertungrandnombre de faits de détails ; mais il neùt jamais