AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
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fondé l’astronomie moderne, et dans le siècle suivant le géniede Newton n’eût pas complété le sien. La méthode de Ivepplerconsistait à considérer la nature comme un immense tout,dont l’ensemble et les détails sont subordonnés aux mômeslois générales. A la fois géomètre, physicien et astronome, ilvit, en rapprochant et en comparant divers phénomènes, que,dans ses grandes comme dans ses petites créations, la natureest toujours semblable à elle-même. Il porta dans l’étude del’univers physique les idées de rapport, de concordance etd’harmonie, qu’il avait puisées dans l’étude des fragments dela doctrine pythagoricienne. Si l’on considère l’état où setrouvaient alors les connaissances humaines, on ne s’étonnerapas qu’il ait pu souvent se tromper, et l’on pardonnera sanspeine quelques erreurs à son génie. S’emparant de la doctrinede Kopernik , Iveppler fonda, sur cette base, l’édifice de l’as-tronomie moderne. Pour entreprendre et pour continuer, avecune opiniâtreté étonnante, ses immenses recherches, il fallaitqu'il trouvât en lui-même et dans la contemplation de sespropres pensées, de puissants motifs d’encouragement, carses travaux, trop élevés pour la portée d’esprit de ses con-temporains, rencontraient à peine quelques rares lecteurs.Galilée ne les regardait que comme des rêveries, et Descartes ne daigna jamais les lire.
Galilée , s’il n’eut pas le génie vaste et grandiose de Kep-pler, qui embrassait l’ensemble de l’univers, était doué, commeTycho-Rrahé, de ce génie des détails, qui est tout aussi utile,parce qu’il crée pour la science de nouveaux moyens d’inves-tigation, et prépare des matériaux pour les recherches et lesspéculations postérieures. Tenant à la main le flambeau del’expérience, Galilée étudia un à un les faits de la nature phy-sique. Il ne fut pas l’architecte qui a conçu et qui dirige laconstruction de l’édifice, mais le conducteur des travaux quiexamine, éprouve, choisit et dispose les matériaux. Galilée posa les vrais fondements de la mécanique, et renversa defond en comble, en ce qui touche la physique, les faussesthéories de la philosophie scolastique du moyen âge. Il avaitl’esprit fin, caustique et railleur, une grande force de tète,mais moins d’étendue et de profondeur de pensée que Iveppleret Descartes . Il était bon observateur, ses découvertes le