AU DIX-SEPTIEME SIECLE
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mencer par soumettre à l’expérience et à l'observation tous lesphénomènes dont, il parlait. Il s’était fait de la métaphysique uneopinion exagérée, et, ne voulant marcher qu’avec son secours, ilne pouvait que s’égarer. Il appliqua très-heureusement ses idéesà l’optique et à la recherche des lois du mouvement; mais horsde ce genre de phénomènes, il tomba, en physique, dans deserreurs grossières. Il y donna souvent les simples conceptionsde son esprit pour des vérités réelles. Ainsi il abandonnait saméthode, qui n'admettait que des “ vérités évidentes par elles-mêmes, ou devenues telles par une suite de démonstrationsfondées sur un enchaînement rigoureux >».
La théorie des tourbillons de Descartes , qui passionna tousles esprits de son temps, fit un grand mal à la physique. Ellen’était, au fond, qu’un faux système d’explication généraledes phénomènes du monde. Si Descartes , au lieu de philo-sopher sans aucunes bases positives, eût pris en main le téles-cope; s’il eût vécu dans des-laboratoires et fait des obser-vations et des expériences, à l’exemple de Kepplor et deGalilée , il n’aurait pas égaré dans une vaine théorie les espritsde ses contemporains, qu’il importait, au contraire, de dirigervers l’examen pur et simple des phénomènes physiques et or-ganiques. Sous ce rapport, Descartes est bien inférieur à Kep-pler et à Galilée . Il combattit avec succès la vieille scolastique,qui était déjà presque entièrement ruinée, mais il ne sut pasremplacer cette doctrine par le positivisme scientifique. A l’an-cienne scolastique il en substitua une nouvelle, et ce fut tout.On avait le droit d’attendre davantage de ses puissantes facultés.
François Bacon a encouru les mêmes reproches, et avec bienplus de gravité. Bacon était un esprit juste, étendu, réfléchi.Il sut embrasser d'un coup d’œil l’ensemble des connaissanceshumaines, et, pour y porter la lumière, il traça un plan généraldes sciences. Dans son Novutn Organum, il montre les progrèsqu’ont fait nos connaissances et les causes qui les ont retar-dés. Il enseigne les moyens de contribuer à leur développe-ment et d’en écarter l’erreur. Il indique les recherches qui,jusqu’au temps où il écrit, ont été négligées. Il crée denouveaux objets d’étude. Il met, pour ainsi dire, sous les yeux,comme dans un tableau, toutes les découvertes qui ont étéfaites et toutes celles qui restent à faire.