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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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AU DIX-SEPTIEME SIECLE

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mencer par soumettre à lexpérience et à l'observation tous lesphénomènes dont, il parlait. Il sétait fait de la métaphysique uneopinion exagérée, et, ne voulant marcher quavec son secours, ilne pouvait que ségarer. Il appliqua très-heureusement ses idéesà loptique et à la recherche des lois du mouvement; mais horsde ce genre de phénomènes, il tomba, en physique, dans deserreurs grossières. Il y donna souvent les simples conceptionsde son esprit pour des vérités réelles. Ainsi il abandonnait saméthode, qui n'admettait que des vérités évidentes par elles-mêmes, ou devenues telles par une suite de démonstrationsfondées sur un enchaînement rigoureux >».

La théorie des tourbillons de Descartes , qui passionna tousles esprits de son temps, fit un grand mal à la physique. Ellenétait, au fond, quun faux système dexplication généraledes phénomènes du monde. Si Descartes , au lieu de philo-sopher sans aucunes bases positives, eût pris en main le téles-cope; sil eût vécu dans des-laboratoires et fait des obser-vations et des expériences, à lexemple de Kepplor et deGalilée , il naurait pas égaré dans une vaine théorie les espritsde ses contemporains, quil importait, au contraire, de dirigervers lexamen pur et simple des phénomènes physiques et or-ganiques. Sous ce rapport, Descartes est bien inférieur à Kep-pler et à Galilée . Il combattit avec succès la vieille scolastique,qui était déjà presque entièrement ruinée, mais il ne sut pasremplacer cette doctrine par le positivisme scientifique. A lan-cienne scolastique il en substitua une nouvelle, et ce fut tout.On avait le droit dattendre davantage de ses puissantes facultés.

François Bacon a encouru les mêmes reproches, et avec bienplus de gravité. Bacon était un esprit juste, étendu, réfléchi.Il sut embrasser d'un coup dœil lensemble des connaissanceshumaines, et, pour y porter la lumière, il traça un plan généraldes sciences. Dans son Novutn Organum, il montre les progrèsquont fait nos connaissances et les causes qui les ont retar-dés. Il enseigne les moyens de contribuer à leur développe-ment et den écarter lerreur. Il indique les recherches qui,jusquau temps il écrit, ont été négligées. Il crée denouveaux objets détude. Il met, pour ainsi dire, sous les yeux,comme dans un tableau, toutes les découvertes qui ont étéfaites et toutes celles qui restent à faire.